collection collection collection collection collection collection
colection
collection collection collection collection collection collection
  collection
 

Environ 200 tableaux offrent un bel aperçu de la peinture du XIXe siècle réalisée sur le territoire de la Belgique actuelle. La Belgique fut d'abord, au début du XIXe siècle, une partie de l'Empire français, ensuite, à partir de 1815, une partie du royaume des Pays-Bas, et enfin, à partir de 1830 un royaume indépendant. Grâce à quelques œuvres remarquables d'artistes étrangers - principalement français - l'évolution artistique de la Belgique est placée dans un cadre plus large et située dans un contexte international. Toutes les tendances importantes sont représentées et peuvent être rassemblées en cinq grands groupes de style, parfois simultanés et pas toujours délimités avec précision

 

Le néo-classicisme marque la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. A l'origine, il est inspiré par le regain d'intérêt pour l'antiquité classique suscité par de spectaculaires découvertes archéologiques. Les grands idéaux et les hautes vertus sont remis à l'honneur et favorisent puissamment les bouleversements sociaux de la Révolution française et de l'Empire.A côté d'importants chefs-d'œuvre de Jacques-Louis David (Marat assassiné) et Jean-Auguste-Dominique Ingres, les coryphées du néo-classicisme européen, apparaissent des oeuvres de François Gérard, Mathieu et Philippe Van Brée, et surtout de François-Joseph Navez (Groupe de la famille de Hemptinne).

 

Le royaume de Belgique a été créé après la révolution de 1830, au cours d'une période exaltant l'héroïsme et le nationalisme. Les émotions vibrantes et les effets théâtraux s'expriment chez Gustaf Wappers (Episodes des Journées de septembre 1830 sur la Place de l'Hôtel de Ville de Bruxelles) et Antoine Wiertz comme chez les Français Théodore Géricault et Eugène Delacroix. La passion pour le passé national et local se reflète dans l'historicisme de Louis Gallait et Henri Leys, en contraste flagrant avec l'orientalisme exotique de Jean-François Portaels (Le simoun / Souvenir de Syrie).

 

A partir de 1850, on voit poindre le réalisme bourgeois et citadin illustré ici par Louis Dubois, Joseph et Alfred Stevens, Edouard Agneessens ou encore par le très personnel Henri De Braekeleer. La nature n'est plus étudiée en atelier, mais bien à l'extérieur, à l'air libre, par des peintres de paysages et de marines tels que Théodore Fourmois, Louis Artan de Saint-Martin, Guillaume Vogels et Hippolyte Boulenger (L'allée des vieux charmes. Tervueren), dont les oeuvres se comparent à celles des Camille Corot et Gustave Courbet. La pauvreté criante et les conséquences sociales de l¹industrialisation sont dépeintes de manière très âpre dans le naturalisme de Charles De Groux, Constantin Meunier, Charles Hermans (A l'aube), Léon Frederic et Eugène Laermans. Cette série de peintures se complète encore d'une des premières oeuvres de Vincent Van Gogh.

 

Au cours du dernier quart du XIXe siècle se dessinent, de manière complexe, quelques mouvements de renouveau fondamental qui se recouvrent parfois. Ainsi, à partir de 1872, se développe l'impressionnisme français. On peut comparer dans nos salles les oeuvres des Français Auguste Renoir et Alfred Sisley à celles de Belges comme Emile Claus (Vaches traversant la Lys), Félicien Rops et Anna Boch.

On peut voir aussi comment le pointillisme, développé par Georges Seurat à partir de 1886 en tant que technique de peinture basée sur les plus récentes découvertes scientifiques dans le domaine de l'optique, a aussitôt été suivi par Paul Signac, Théo Van Rysselberghe et Henry Van de Velde (Faits de village VII. La fille qui remaille). Dans le sillage d'Edouard Manet, Henri Evenepoel (Henriette au grand chapeau) élabore, en peu de temps, un art original. De leur côté, Paul Gauguin (Calvaire breton) et les nabis Pierre Bonnard (Nu à contre-jour) et Edouard Vuillard forment un groupe particulier.

 

La Belgique fut une terre privilégiée du symbolisme. On ne s'étonnera donc pas que ce mouvement soit brillamment représenté au Musée. Pour Fernand Khnopff, Jean Delville, William Degouve de Nuncques ainsi que pour l'artiste anglais Edward Burne-Jones (Le cortège nuptial de Psyché), l'important n'est pas de reproduire la réalité, mais de suggérer le mystère et d'évoquer l'âme cachée des gens et des choses de façon poétique et parfois angoissante. Enfin, l'œuvre incomparable de James Ensor (Squelettes se disputant un hareng-saur) auquel une salle entière est consacrée, annonce l'art du XXe siècle.