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Au début du XXe siècle, les compositions de Rik Wouters, de structure claire, aux couleurs riches (Le flûtiste), annoncent de profonds bouleversements dans la peinture belge. En même temps que ce fauviste brabançon et que le futuriste Jules Schmalzigaug - longtemps ignoré -, les futurs expressionnistes flamands font aussi leur début. Cependant, Constant Permeke (Les fiancés) et Gustave De Smet (La loge) n'occuperont le premier plan qu'après la Première Guerre mondiale. Entre-temps, en Italie, la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico prépare le surréalisme (Mélancolie d'une belle journée)

Selon certains, l'histoire du XXe siècle ne commence qu'après 1918. Que cela soit vrai ou non, les conceptions nouvelles ne semblent avoir prise sur la vie artistique belge qu'à partir de cette année-là, mais la marche de l'avant-garde est bien pénible. La plupart des artistes ne récoltent que peu d'intérêt, mis à part celui de quelques collectionneurs et amis persévérants. Les premiers peintres abstraits, tels Victor Servranckx (Opus 47. Exaltation du machinisme) et Pierre-Louis Flouquet, cherchent en vain à se faire reconnaître à partir de 1919. Ces représentants de la Plastique Pure ne peuvent malheureusement guère s'opposer à l'agressivité visuelle des expressionnistes flamands. Ce désintérêt incite Georges Vantongerloo (Relation - variation droites - courbes), qui s'était déjà imposé dans De Stijl, à s'installer en France.

Vers la fin des années vingt, René Magritte, issu d'un petit groupe d'iconoclastes bruxellois, se signale par un bouleversement profond du langage visuel traditionnel (L'empire des lumières). Magritte devient rapidement l'un des principaux protagonistes du surréalisme international. Le Musée possède la plus importante collection d'oeuvres de cet artiste auquel une salle est réservée. Le surréalisme qui reste avant tout un mouvement littéraire, en Belgique comme ailleurs, ouvre la voie au monde enchanteur que Paul Delvaux dévoile dans ses oeuvres à partir du milieu des années trente (Pygmalion)