« Il y a qu’il n’y aura jamais / De / Point final / A la ligne »

Midis de la Poésie

Conférence pour présenter et dire la poésie et la littérature d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. Cinquante minutes pour une découverte, une émotion, une rencontre.

« Il y a qu’il n’y aura jamais  / De / Point final / A la ligne »

Avec Jane Sautière, autrice et Itsik Elbaz, comédien.

« Il a eu 42 ans et il est mort. Mort comme une hirondelle en plein bleu du ciel. Mort alors que son livre A la ligne – Feuillets d’usine recevait une considération tellement méritée. Il allait partout présenter ce livre, il en était parfaitement heureux. Qui a rencontré Joseph sait à quel point il savait nouer des liens. Sa haute silhouette penchée vers vous, attentif à ne rien laisser échapper. Fraternel.

Ce livre contient ces liens-là, ceux noués avec ses camarades d’usine, il était fier de les emmener avec lui dans cette reconnaissance qui n’était, à ses yeux, que pour eux. Deux-cent soixante-douze pages en vers libres, sans ponctuation, sur le travail d’un intérimaire dans l’agroalimentaire breton, il faut le faire. Oser, se jeter tout entier. Ecrire pour sauver la vie, car Joseph n’était pas en visite dans les abattoirs ou les conserveries, il embauche pour gagner son pain. Il appelle à son secours sa culture immense (immense car diverse, étendue, sans hiérarchie aucune), la femme tant aimée, le chien tendre et Trenet.

Avant cela, il avait été éducateur spécialisé à Nanterre et il en avait tiré aussi un livre co-écrit avec ceux-là dont il a pris soin. « Nous, la cité », sous-titré « on est parti de rien et on a fait un livre ».

Avant de mourir il a eu le temps de relire le livre de Job, et les pensées pour moi-même de Marc Aurèle, d’écrire une préface pour la publication de textes posthumes d’Henri Calet je ne sais écrire que ma vie, de rédiger un hommage à Xavier Grall pour le quarantième anniversaire de sa mort, texte qu’il a titré A l’inconnue qui nous dévore. Il écrit à l’auteur de Solo : « Non Xavier Grall, tu n’es pas seul. Solo. Et la mort, cette inconnue qui nous dévore à petites lampées ou à grand feu ne pourra jamais nous séparer, ceux qu’on croit partis mais qui restent ». 

Reste, mon ami. Reste. Astral, comme un signe du zodiac, dépassant toutes les peines, les rendant sublimes. Non pas comme un travestissement, mais comme celui qui donne le jour. Du jour. De la lumière. Le petit bois des humains qui brûle si bien. » Jane Sautière

Joseph Ponthus est né en 1978. Après des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne où il a notamment dirigé et publié Nous... La Cité (Editions Zones, 2012), avant de partir vivre à Lorient, où, faute de trouver un emploi équivalent, il dut embaucher comme intérimaire dans des usines agroalimentaires. De cette expérience, il a tiré un roman, À la ligne, qui a été couronné de nombreux prix littéraires et a conquis un très large public. Il est mort le 24 février 2021, à 42 ans, d'un cancer fulgurant.

Jane Sautière est née en 1952 à Téhéran. Elle a vécu son enfance et son adolescence à l’étranger. Par la suite, elle est devenue éducatrice pénitentiaire. Elle a publié des nouvelles et des articles dans diverses revues et co-signé Zones d’ombres avec Jean-Marie Dutey (Gallimard, Série Noire, 1998). Aux Éditions Verticales, elle est l’auteure de Fragmentation d’un lieu commun (coll. Minimales, 2003 ; prix Arald 2003, prix Lettres frontière 2004), de deux récits, Nullipare (2008) et Dressing (2013) ainsi que de Stations (entre les lignes)Mort d'un cheval dans les bras de sa mère est son cinquième livre publié aux éditions verticales. 

Itsik Elbaz est né en 1976 à Jérusalem, il est comédien de théâtre depuis plus de vingt ans. Il a travaillé sous la direction de nombreux metteurs en scène tels que Georges Lini, Michel Kacenelenbogen, Jasmina Douieb, Philippe Sireuil, Patrice Mincke au théâtre du Parc ou le Public, le théâtre de la place des Martyrs ou le théâtre de Poche. Ses plus récents spectacles sont Caligula de Albert Camus à Villers la Ville, L’homme qui mangea le Monde de Nis-Momme Stockmann, Intra-Muros et Edmond de Alexis Michalik, Les Atrides d’après Sophocle.

 

PROGRAMME DES MIDIS DE LA POÉSIE (2021)
05.10.2021

La construction du réel, conversation sur l’écriture

19.10.2021 « Il y a qu’il n’y aura jamais  / De / Point final / A la ligne »
 16.11.2021 Actions extraordinaires in het gewone leven
 23.11.2021 La poésie, compagne dans le labyrinthe des jours
 01.12.2021 Nadine Gordimer : L’écriture et l’existence
 12.12.2021 Séance spéciale

Luttes, lettres et forces

 14.12.2021 Une bête entre les lignes, essai de zoopoétique

 

Plus d'information

Réserver

RÉSERVATION

LANGUE (FR)

HORAIRE

12:40 - 13:30
(ouverture des portes à 12:30)

LIEU

MRBAB - Auditorium B
Rue de la Régence, 3
1000 Bruxelles

TARIFS

8 € : Tarif plein
6 € : Étudiants 
5€ : Professionnels et demandeurs d'emploi

ORGANISATION

Les Midis de la Poésie

info@midisdelapoesie.be  
www.midisdelapoesie.be