Œuvre phare

René Magritte : « Les valeurs personnelles » (1952). Huile sur toile 77,5 x 100 cm © Collection Museum of Modern Art San Francisco SFMOMA, CR0773

René Magritte
Lessines (Belgique) 1898 - Brussels (Belgique) 1967

Les valeurs personnelles (1952)
Huile sur toile, 77,5 x 100 cm
© Collection Museum of Modern Art San Francisco SFMOMA, CR0773.

René Magritte Les valeurs personnelles (1952)

Huile sur toile

Le Musée Magritte Museum a le plaisir d’accueillir jusqu’en septembre 2015 une œuvre emblématique de René Magritte, Les valeurs personnelles (1952). Issue de la collection du San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA), cette toile est le témoin des relations internationales et des riches collaborations que le Musée a nouées avec des institutions muséales prestigieuses. Accrochée dans nos salles ce 9 septembre, elle s’intègre au sein de plusieurs projets et fait l’objet d’une analyse technologique en collaboration avec l’Institut Royal du Patrimoine Artistique.

Par sa thématique concentrée sur l’hypertrophie des objets et par son contexte lié aux Etats-Unis, l’œuvre Les valeurs personnelles pose une série de questionnements en termes d’histoire de l’art. La modification d’échelle présente ici à travers l’agrandissement d’objets du quotidien (un verre, un peigne, une allumette, …) est utilisée à maintes reprises par l’artiste. Cette méthode issue de la théorie des « objets bouleversants » formulée par le surréaliste Paul Nougé, est un moyen parmi d’autres de perturber le spectateur, de provoquer chez lui un choc poétique et un sentiment de malaise face à une surréalité voulue et recherchée. Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique conservent plusieurs œuvres présentant ce caractère hypertrophique comme par exemple La lecture défendue (1936), L’incendie (1943), La corde sensible (1960), …

Outre l’hypertrophie des objets, la présence des Valeurs personnelles au sein du Musée Magritte Museum témoigne des liens qui unirent Magritte aux Etats-Unis. Cette œuvre est en effet emblématique des rapports qu’ont entretenus Magritte et son représentant américain, Alexander Iolas. En 1948, en s’engageant auprès d’Iolas, Magritte s’assure une visibilité à New York à travers une première exposition qui en engendrera d’autres. C’est en 1952 que l’artiste propose Les valeurs personnelles à Iolas dans une lettre datée du 25 avril. S’en suit une série de lettres dans lesquelles sont abordés des questionnements récurrents comme l’ « explication » de l’œuvre ou encore le goût des Américains pour certaines œuvres et leur désintérêt pour d’autres.

En l’absence de plusieurs œuvres de Magritte prêtées aux Etats-Unis jusqu’en octobre 2014 à l’occasion de l’exposition itinérante Magritte: The Mystery of the Ordinary, 1926-1938 (MoMA de New York, Menil Foundation de Houston et Art Institute de Chicago), le Musée Magritte Museum est heureux de présenter, en plus d’une sélection de chefs-d’œuvre surréalistes de sa collection, une œuvre d’une si grande importance.