Ouverture de l’exposition "VISION PAINTINGS" de Thomas Houseago

Publié le 21.04.2021

Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique présentent, du 22 avril au 1er août 2021, VISION PAINTINGS, la nouvelle exposition de Thomas Houseago (né en 1972 à Leeds, au Royaume-Uni). Comprenant des peintures de grand format, des dessins et des carnets de croquis jamais exposés auparavant, les œuvres occuperont deux espaces d’exposition au premier étage du musée. Certains tableaux sont également mis en regard de La Mort de Marat (1793) de Jacques-Louis David. Dans cette salle d’exposition, le public est invité à contempler la force émotionnelle des œuvres néoclassiques et contemporaines, ainsi que leurs différences formelles et leurs points communs.

Les peintures de paysages présentées dans l’exposition marquent un tournant important pour Thomas Houseago. Réalisées à Malibu, Californie, et souvent en plein air – comme en témoigne la matière organique emprisonnée à la surface – elles expriment pleinement le pouvoir transcendantal, émotif et réparateur de la nature. Le paysage a longtemps constitué un point de référence proportionnel vital et un contexte pour ses sculptures figuratives, mais a rarement été considéré comme un sujet indépendant. Aujourd'hui, la nature occupe le devant de la scène : soleils et lunes, fleurs et arbres, rochers et océans sont tous rendus par des couleurs opulentes et luminescentes et par des lignes vibrantes et ondulantes. La nature semble primitive, mystérieuse et séduisante, surpuissante et resplendissante. Bien qu’il s’agisse d’œuvres éminemment personnelles, elles sont aussi liées aux haïkus sur la nature du japonais du XVIIe siècle Matsuo Basho ainsi qu’à des traditions plus larges de représentation du paysage dans l’art européen. Des correspondances peuvent être vues par exemple avec les œuvres de Giotto, d’Edvard Munch, comme Le Soleil (1909), d’Erich Heckel ou avec l’œuvre d’Ernst Ludwig Kirchner. Ce dernier ayant produit des peintures tout aussi incandescentes après s'être retiré dans la nature à la suite d'une dépression. Vincent Van Gogh et David Hockney sont également des références importantes.

L’origine de ces peintures visionnaires réside dans un niveau de conscience altéré, atteint par la méditation pratiquée par l’artiste. Lié à la créativité, à l’inspiration, à l’intuition et à l’illumination, l’état thêta active des flux d’énergie intenses et débloque des zones cachées de l’inconscient. A côté des paysages, l’artiste expose une série d’œuvres transcendantales dans laquelle des personnages émergent d’un espace indéterminé, d’un noir absolu, traversé d’éclairs scintillants de couleurs purs et aveuglantes. Alors que certaines images font allusion à la mort et aux traumatismes passés, d’autres suggèrent un processus dynamique de transformation.

Les dessins qui accompagnent l’exposition sont aussi puissants que fragiles. Exécutés à l’encre sur du papier de riz japonais translucide, ils contrastent fortement avec les lourds empâtements des peintures. Le matériau délicat semble aussi ténu que le tissu de souvenirs, de rêves et d’idées qu’il renferme. Le dessin a toujours été un élément fondamental de la pratique artistique de Houseago, à la fois comme aide à la création de ses sculptures, et comme moyen d’exprimer ses sentiments les plus profonds. L’artiste a raconté que, dans sa jeunesse, il ressentait un certain détachement qui le poussait à appréhender son environnement en termes de motifs. Une qualité similaire peut être détectée dans ses œuvres de maturité sur papier, qu’il décrit comme des ‘graphiques’ et des ‘rêves éveillés’.